Association Ishtar


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Association Ishtar

 

Ishtar veut être un espace dédié à la Culture, celle-ci se conjuguant au pluriel des peuples du monde. La Culture est une dimension fondamentale de la personne humaine.

Elle constitue même la profondeur de notre humanité. La standardisation des cultures du monde représente un danger à la fois pour la qualité et la pluralité culturelles.
La promotion de la diversité culturelle correspond, pour notre projet Ishtar,à une véritable prise de responsabilité. D’ailleurs, existe-t-il  une autre alternative au clash des civilisations et au repli sur soi ?

Ishtar vous invite à naviguer dans les pages de notre site, non seulement pour prendre connaissance de l’actualité politique, culturelle et littéraire de notre association mais aussi pour prendre la pleine mesure de la richesse de la vie intellectuelle des sociétés du Sud de la Planète....

 

LAssociation Ishtar entend être un espace politique et culturel, à la fois en termes de résistance qu’en termes d’alternatives. En effet, il s’agit pour nous d’entrelacer une ferme opposition à ce qui nous semble être un grave péril pour notre humanité et la terre qui la porte, et une intelligence créatrice et sensible capable d’enfanter, de faire advenir de nouveaux mondes.

Le péril dont nous parlons peut être appréhendé à travers le concept de réification, c’est-à-dire la transformation en choses de tout ce qui existe, les femmes, les hommes, les peuples, la Nature vivante et multitude des liens sociaux et écologiques qui se tissent entre eux.  La logique réifiante est, à la fois, une mutilation du socle anthropologique de l’aventure humaine et une atteinte des  équilibres écologiques. Elle est, nous semble-t-il, l’essence de cette « modernité capitaliste » dont parlait Max Weber.

 
Apparu dans l’histoire occidentale il y a 500 ans, le capitalisme, comme système historique, n’a jamais cessé d’aller à la conquête du monde, du premier pillage colonial de l’Amérique indienne (1492) jusqu’à l’actuelle globalisation. Celle-ci est moins une harmonisation des sociétés du monde, comme le prétend la pensée unique, que leur occidentalisation. Derrière l’« économie monde-capitaliste » (Immanuel Wallerstein), la « communication-monde » (Armand Mattelart), la « modernité-monde » (Jean Chesneaux), la « science-monde » (Xavier Polanco) se déploie l’entreprise de l’« occidentalisation du monde » (Serge Latouche), de la standardisation des Imaginaires, de l’uniformisation des cultures.


La réification et la marchandisation ne sont pas sans conséquences sur les représentations culturelles qui traversent les sociétés ; elles soutiennent et légitiment les prismes idéologiques par lesquels l’Occident considère l’Autre. Le professeur palestinien Edward Saïd, à travers une méthode sensible et concrète, a mis en lumière ces mécanismes réducteurs, ainsi que la logique de négation sous-jacente. Il a contribué à dévoiler le caractère colonial et/ou néo-colonial  de l’orientalisme, cet ensemble de discours de l’Occident sur l’Orient.
     

 
« L’orientalisme, écrit Edward Said, repose sur l’extériorité, c’est-à-dire sur ce que l’orientaliste, poète ou érudit, fait parler l’Orient, le décrit, éclaire ses mystères pour l’Occident. » Les Orientaux « ne peuvent se représenter eux-mêmes; ils doivent être représentés. » 

       

Dans l’optique orientaliste, l’Autre (l’Arabe, le Musulman, l’Indien, le Chinois, le Japonais, l’Africain…) n’existe pas en tant qu’Autre mais en tant qu’objet déposé dans un espace dominé par le pouvoir occidental. Au mieux, il est un sauvage en voie de civilisation, au pire un barbare qui doit disparaître…Il n’est pas certain que ces représentations, qui s’originent, en partie, dans les productions intellectuelles des XVIII ème et XIX ème siècles, aient disparues. Comme nous le disions, la globalisation tend à planétariser la règle de la statistique, la quantification. Le « Viol de l’imaginaire », dont parle l’ancienne Ministre de la Culture du Mali, Aminata Traoré, est lié à ces processus mortifères. « Désapprendre l’esprit spontané de domination. » Cette exigence politico-culturelle d’Edward Said est plus que jamais à l’ordre du jour. Elle est l’essence du  projet de notre Association Ishtar…
 
Cette perception, qui confond universalité et occidentalité, loin de favoriser une vraie rencontre interculturelle, constitue un obstacle. Notre association considère comme nécessaire la décolonisation
des regards. Cela signifie la réappropriation par les peuples du Sud eux-mêmes de leur héritage historique et mémoire culturelle et la mise en place des conditions d’émergence d’une autre perception de la diversité humaine, selon un universalisme pluriel et concret.


Notre association souhaite explorer le patrimoine du monde arabe, d’abord dans sa période musulmane, mais aussi dans la profondeur de son antiquité. Mais si  la Mémoire est pour nous primordiale, elle ne saurait épuiser la culture. D’ailleurs, le respect de la Mémoire se doit d’être dynamique et non pas muséifiant. C’est parce que nous la voulons vivante qu’elle peut fertiliser le champ de la culture d’aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle nous serons attentifs à la création contemporaine.
 

Nous voudrions préciser que l’arabité ne saurait être réduite à une catégorie ethnique. Elle renvoie, d’abord, à une réalité culturelle, qui est elle-même porteuse de diversité. De même, nous comprenons l’Islam comme civilisation  et pas uniquement comme foi.


Les cultures du monde ne sont pas des réalités indépendantes les unes des autres. Organismes vivants, elles se déploient dans l’espace et le temps, au gré de leur génie propre et des interactions qui les lient à l’ensemble de l’humanité. Loin d’être juxtaposées, les cultures se nourrissent mutuellement. Ainsi, au cœur du Moyen Age, la civilisation arabo-musulmane a-t-elle recueilli et revivifié les héritages de l’Antiquité. La Maison de la Sagesse (bayt al-hikma), par exemple, joua, dans la Baghdad abbasside, un rôle essentiel dans leur transmission.


Dire que la culture est une dimension essentielle de notre humanité, c’est dire aussi, qu’à partir d’elle, nous pouvons questionner le monde; et cela, toujours, dans la perspective d’une universalité plurielle. La promotion de la diversité culturelle n’est pas séparable de ces valeurs fondamentales que sont, notamment, la justice sociale, l’économie solidaire, le droit des peuples à leur souveraineté, la justice écologique, l’émancipation féminine.  Ces valeurs sont des potentialités de toutes les cultures. Notre association entend le rappeler.


A travers des conférences et séminaires, nous entrerons dans l’intelligence des cultures et sociétésarabes. Nous explorerons aussi les tissages transculturels  entre ce monde arabe et les mondes africains, latino-indiens, asiatiques. Bien sûr, nous consacrerons une part importante de nos activités au dialogue euro-arabe. Ces échanges seront menés sous le signe de la raison, mais, pour reprendre une expression du sociologue Edgar Morin, nous voulons qu’elle soit « ouverte » - et non « close » comme dans un rationalisme sec hérité du 19ème siècle - c’est-à-dire accueillante à l’égard de l’Imaginaire, du mythe, du merveilleux, du sacré et de la poésie.

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