Cours de civilisation arabo-musulmane
Le Samedi 3 novembre 2007 de 15h à 18h
L’Algérie, dans la
fraternité historique des peuples arabes
Spiritualité, migrations et solidarités de combat entre le peuple algérien et les peuples du Machreq
Par Mohammed Taleb
Il est difficile de saisir l’âme d’un pays, son destin, si nous occultons la profondeur de
son histoire ainsi que l’espace dans laquelle elle se déploie. Cela est le cas pour l’Algérie. Nous voudrions mettre en évidence, dans ce cours, un certain nombre de paramètres, de composantes,
de l’identité algérienne, qui l’enracine clairement dans l’espace-temps arabo-musulman. Il va de soi que les pays arabes n’ont pas tous la même vocation et, pour l’Algérie, elle se manifeste à
travers une impulsion saharo-sahélienne et africaine.
Nous soulignerons les multiples liens qui se sont noués entre l’Algérie et les peuples du Machreq. Ces liens, qui avant d’être formels
sont d’abord intimes, ne datent pas de l’époque moderne. Il nous paraît légitime, même, de remonter à la symbiose historico-culturelle entre la Syrie et la société maghrébine, durant
l’Antiquité. La civilisation punique fut incontestablement une belle mise en commun, une riche synthèse entre les rives orientale et méridionale de la Méditerranée. Mais c’est avec l’Islam que
ces liens vont prendre toute leur importance.
Nous rappellerons, ainsi, le rôle de la cité de Tlemcen dans la gestion des pèlerinages
vers Al-Quds, ou encore les pérégrinations spirituelles en Algérie du cheikh al-akbar, Ibn ‘Arabi, figure majeure de la voie soufie. On comprendra mieux pourquoi l’Emir ‘Abd el-Qader décidera
de faire de Damas sa nouvelle cité après son exil. La présence de milliers d’Algériens en Syrie (qui incluait au 19ème siècle le Liban, la Palestine, la Jordanie et l’Iraq) allait renforcer ces
filières et filiations. Le drame palestinien, en 1948, allait devenir une nouvelle épreuve pour la nation arabo-musulmane.
L’Algérie (comme nation, Etat et société) sera aux côtés de la lutte de libération du peuple de Palestine. La mort en martyre de
Mohamed Boudia, assassiné en 1973 par les Israéliens, illustrera l’intensité de ce soutien. Enfin, nous rappellerons l’engagement dans la Révolution algérienne de ces militants du mouvement
nationaliste révolutionnaire arabe, comme Nour Eddine El Attassi ou Ibrahim Makhos.
Mohammed Taleb est philosophe et historien algérien. Il préside l’Association Ishtar qui se consacre,
notamment, à la revalorisation du patrimoine culturel et civilisationnel arabo-musulman. Il est engagé depuis de nombreuses années dans les mouvements de solidarité avec le peuple palestinien
et dans l’éducation populaire (immigration, écologie). Il a dirigé l’ouvrage Sciences et Archétypes. Fragments philosophiques pour un réenchantement du monde (Dervy,
2002).
Tarif : 15 €
(réd: 10 €).
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