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Le livre de l’Imaginaire et l’Imaginaire du livre
du 19 au 21 octobre 2007

Entre l’Afrique des Griots, l’Europe des Bardes et l’Orient des Conteurs
« La Nuit de l’écrit »              « Une ville, une œuvre »



Du vendredi 19 octobre au dimanche 21 octobre 2007


Ishtar propose, dans le cadre de la manifestation Lire en fête de l’année 2007, un ensemble d’initiatives autour du thème central Le livre de l’Imaginaire et l’Imaginaire du livre.

Il s’agira d’explorer les liens intimes qui se sont noués et qui se tissent encore entre, d’une part, les géographies soci
oculturelles et humaines de l’Afrique sahélienne, du monde arabe et de l’Europe et, d’autre part, leurs géographies de l’Imaginaire. Ce thème central s’exprimera à travers les deux temps de « La Nuit de l’écrit » et de « Une ville, une œuvre ».






La Nuit de l’écrit


Le vendredi 19 octobre, de 20h à Minuit, nous organiserons un voyage mêlant créations contemporaines, traditions littéraires et spectacles vivants. Cette Nuit de l’écrit aura lieue dans la ville d’Aubervilliers, au cœur du quartier populaire des Villette-Quatre chemins. La Villa Mais d’Ici, qui nous accueillera, est un pôle de création pluridisciplinaire hébergeant des compagnies artistiques qui sont en résidence permanente dans ce lieu culturel. La Villa Mais d’Ici a été créée en novembre 2003 et est située au 19, rue Sadi Carnot. Le choix de ce lieu est motivé essentiellement par le souci que nous avons de contribuer à dynamiser culturellement – et le livre constitue une voie royale – de nouveaux espaces sociaux et donc de nouveaux publics.

Le programme pressenti se compose, après une introduction philosophique sur l’Imaginaire, et notamment sa fonction dans la vie sociale, d’une série de lectures de poèmes et de contes traditionnels issus de la culture mandingue et sahélienne (essentiellement Mali, Niger, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Sénégal et Guinée), de la culture arabe (Maghreb et Machreq)  et de la culture européenne (notamment médiévale). Ces textes ne sont pas muséifiés mais réécrits d’une façon toute contemporaine. Nous ferons appel à des comédien-ne-s pour quelques unes de ces lectures.


Nous solliciterons le conteur burkinabé Carlos Ouédraogo qui nous aidera à traverser, grâce à ses contes mandingues,  la texture même de l’humain et de la  Nature. A ses yeux, l’Imaginaire n’est pas séparable de l’humanité, et il nous fera toucher du doigt son expérience personnelle qui entremêle intervention sociale, culture et subjectivité. Ensuite, nous demanderons au poète touareg nigérien Hawad de nous dire les récits de vie de la culture saharienne, ses espérances et son Imaginaire singulier. Il est l’auteur, notamment, de Chants de la soif et de l'égarement, Le testament nomade, La caravane de la soif.

Traversant la Méditerranée, le conteur français Regor nous emmènera sur les chemins de l’Imaginaire européen, la culture des bardes, des troubadours et des trouvères. Il est l’auteur, notamment, de Les contes qui coulent de source, Si Merlin m’était conté, Contes de l’Or-Riant. Ce conteur tissera également le lien avec l’Orient arabe, en particulier avec ses écrits du  Moyen-âge, de la Cour de Haroun al Rachid et des Mille et une nuits. L’Algérien Mohammed Taleb approfondira ce filon oriental avec des contes maghrébins traditionnels réinterprétés dans le contexte de notre modernité, notamment en lien avec la préoccupation de l’écologie et de l’émancipation féminine.


Des séquences musicales, avec des instruments aux ancrages culturels divers, assureront le passage d’une géographie à l’autre.




Une ville, une œuvre


Les samedi 20 et dimanche 21 octobre 2007,  nous continuerons notre exploration du thème Le livre de l’Imaginaire et l’Imaginaire du livre et nous privilégierons une approche à la fois culturelle, interculturelle, mais également transculturelle.

Samedi 20 octobre

14h : Conférence. Bibliothèques et démocratie à Brazzaville, ville des mémoires par Caya Makhélé, écrivain
16h30 : Séminaire d’alterphilosophie  « Littérature spirituelle, Imaginaire et interprétations. Pour une lecture éthique, sociale et symbolique des textes sacrés » par Mohammed  Taleb, philosophe


Dimanche 21 octobre
14h30 : Dialogue. Périple en villes arabes, par Mohamed Tahar Bensaada et Roland Laffitte.
16h30 : Initiation pratique à la calligraphie. Baghdad, ville des calligraphes par Mahmoud el Baghdadi, responsable de l’Institut Ishtar de Calligraphie Arabe





du 13 au 21 octobre

 

Exposition de Laure Genzling

Croquis d'Istanbul et d'Alger

Dans les rues d’Istanbul, il y a un commerçant qui m’offre une chaise que je ne peux refuser, puis une cigarette, mais je lui montre la mienne. Il me fait signe qu’il fait bien chaud, j’acquiesce, alors il revient avec un fin carton d’emballage, qu’il coupe en deux pour en faire deux éventails. Il m’en donne un, en me montrant quoi en faire. Il est satisfait lorsque je l’imite.

 

Dans les rues d’Istanbul, il y a les enfants, curieux, qui viennent voir. Quand ils parlent turc, je fais la grimace, je hoche la tête. Quand je parle français, ils froncent les sourcils, interloqués. Alors on joue à « What is your name ? », chacun répond à son tour et on est tout content d’avoir pu communiquer. Quand quelqu’un passe et s’arrête pour voir ce que je dessine, ils expliquent ; quand j’écris la date et que je montre le plan, ils comprennent tout de suite que c’est le nom de la rue que je veux.

Dans les rues d’Istanbul, il y a des hommes qui déchargent des tapis en formant une chaîne humaine du camion à la boutique. Tranquillement, les tapis passent sans interruption, de plus en plus vite au fur et à mesure que le camion se vide. La pluie cesse lentement, elle tombe comme une bruine, et déjà le sol commence à sécher. Autour, les marchandises disposées en pile sur les trottoirs sont protégées par des plastiques. Un nuage d’oiseaux s’est envolé plus à l’ouest, les hommes finissent par lever la tête, il n’y a pas que moi que cela impressionne.

Dans les rues d’Istanbul, il y a un petit restaurant qui n’a pas de toilettes, mais où on s’arrange pour que vous puissiez emprunter celles du cafetier en face. On vous sert des petits sandwichs au poulet, et puis un nescafé qu’on va chercher dans une boutique plus loin. Tout en s’activant autour des broches de viande, un homme à moustache pousse son cri pour attirer le client. Dehors on interpelle le passant, on nettoie sa devanture, on arrose son trottoir pour rafraîchir l’air et faire tomber la poussière. C’est la fin de l’après-midi, les femmes passent, les hommes restent. Le feuillage assouplit ces rues habitées par les hommes qui laissent pousser les arbres. Il y a comme une douceur de vivre. J’ai l’impression qu’ici, les choses ont encore une odeur.


Vernissage samedi 27 octobre à 14h30
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