Les fondements historico-géographiques
et culturels de l’identité
arabo-musulmane
Par Mohammed Taleb
Le Samedi 6 octobre 2007 de 15h à 18h
Les notions d’arabité, d’Islam, d’islam, d’Orient, de Proche-Orient, de Moyen-Orient, de Maghreb et de Machreq, si elles sont d’un usage courant, ne sont pas pour
autant univoques, simples et évidentes. Bien au contraire, ces notions renvoient, au gré des options philosophiques, des choix religieux (ou non religieux), des appartenances sociales, des
langues, etc… à des espaces de signification à chaque fois différents. Ainsi, pour l’arabité, on parlera aussi bien d’«origine », de langue, de géographie ou d’idéologie. Ainsi, pour
l’i(I)slam, on évoquera une foi et/ou une civilisation. En réalité, ces diverses approches sont toutes vraies, mais d’une façon relative. L’un des enjeux les plus importants à mettre en évidence
est celui du dépassement de l’essentialisme, c’est-à-dire de cette compréhension des phénomènes humains qui occulterait les dimensions sociales et historiques. Les notions qui seront au cœur de
notre cour de civilisation n’ont pas traversé les temps et les espaces sans se métamorphoser en fonction des nécessités ou bien des imaginations.
Il va de soi que notre réflexion s’enracine dans une option philosophique. Même si l’objectivité est une belle qualité, elle ne saurait épuiser l’appartenance au
monde et la réalité. Ce premier cour, ainsi que ceux qui le suivront, sera impertinent, rebelle aux clôtures et résolument ouvert à l’inscription du temps arabo-islamique (1400 ans) dans le
temps encore plus long des civilisations du Maghreb et du Machreq, de Gilgamesh à Nasser, de Sumer à la Numidie (10 000 ans). La renaissance arabo-musulmane à laquelle nous appelons ne sera pas à
la hauteur des défis si elle ne s’originait pas dans cette immense matrice préislamique. Il s’agira de réaliser le même geste que les Anciens Omeyyades et Abbassides qui honorèrent, en leur
temps, les richesses de la poésie antique. Nul passéisme dans notre approche car ce qui motive ce cour, et l’ensemble de la formation à laquelle nous vous convions est la quête d’une
modernité alternative, d’une nouvelle Nahda.
Mohammed Taleb est philosophe et historien algérien. Il préside l’Association Ishtar qui se consacre, notamment, à la revalorisation du patrimoine
culturel et civilisationnel arabo-musulman. Il est engagé depuis de nombreuses années dans les mouvements de solidarité avec le peuple palestinien et dans l’éducation populaire (immigration,
écologie). Il a dirigé l’ouvrage Sciences et Archétypes. Fragments philosophiques pour un réenchantement du monde (Dervy, 2002).
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