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Le singulier universel et l’Association Ishtar vous invitent à un séminaire transdisciplinaire d’alterphilosophie

Des béguines et des sorcières aux écoféministes

Entre féminisme, écologie, critique sociale et spiritualité :
Fragment(s) d’histoire(s) et itinéraire(s) d’une émancipation




Par Mohammed Taleb

Le Samedi 5 mai 2007 de 15h00 à 18h30

« Pour quelle raison les femmes réagissent-elles plus promptement et plus énergiquement aux menaces de destruction ? Pourquoi s'obstinent-elles dans un monde de cyniques et de résignés ? Le fait est que les : femmes se distinguent par leur intuition de la vie, de ce qui est vraiment vital, et cela les rend sensibles à ce qui est en péril dans le monde. »
Vandana Shiva

Le capitalisme n’est pas réductible à une économie. Celle-ci s’insère dans un système multidimensionnel. Avant d’être économique, le capitalisme est « historique » comme le rappelle Immanuel Wallerstein.
Cette globalité est mortifère car elle emporte l’humain et la Nature vivante dans ce processus qu’est la chosification. La marchandisation du monde est le nom contemporain de ce processus qui disqualifie  le lien social, l’Imaginaire, le sacré, la subjectivité. L’humain vers lequel nous devons tendre est l’homme unidimensionnel (Herbert Marcuse).
La Nature elle-même est réduite à un ensemble de ressources. La thèse que nous développeront est qu’il existe un lien puissant entre capitalisme, chosification, crise écologique et répression du féminin et des femmes. Sans se complaire dans une vue essentialiste de la femme, qui la destine à certaines fonctions, et donc qui la fige, nous évoquerons l’histoire assez méconnue d’une militance féminine, en Europe mais aussi en Orient, dont on peut dire qu’elle est également féministe.
L’écoféminisme contemporain, nous pensons notamment à l’Indienne Vandana Shiva, s’inscrit dans cette histoire-là.
Quand Emilie Zum Brum et Georgette Epiney-Burgard publièrent en 1988 ce beau livre intitulé Femmes troubadours de Dieu, consacré aux béguines (ces femmes du Moyen-Age qui tentèrent de vivre une spiritualité hors des cloîtres et de l’espace domestique) elles apportèrent une contribution majeure à l’histoire de l’émancipation féminine. En 1999, la militante François d’Eaubonne faisait paraître Le Sexocide des Sorcières dans lequel elle  rappelait l’intensité dramatique de cette répression qui s’est traduite par l’assassinat entre 1550 et 1650 de plusieurs dizaine de milliers de femmes.

Symboliquement, il n’est pas illégitime de penser que ce massacre, au cœur d’une Europe qui entrait dans la modernité et la raison scientifique, a constitué l’un des fondements - véritable acte de naissance -  du capitalisme. La participation des écoféministes au mouvement pour une justice globale, à la critique du capitalisme et de l’impérialisme, au dialogue des civilisations et des spiritualités, constitue un horizon de liberté, de créativité, de résolution et d’espérance.

Mohammed Taleb, philosophe et historien algérien, se consacre à l’étude de la modernité arabo-musulmane et à la communication interculturelle. Il est formé en Education relative à l’Environnement à l’Université du Québec à Montréal. Il enseigne l’écopsychologie à Lausanne. Il préside l’Association Ishtar, lieu de réflexion sur la culture arabo-musulmane, et l’association Le singulier universel. Il a dirigé l’ouvrage collectif Sciences et Archétypes. Fragments philosophiques pour un réenchantement du monde (Paris, éd. Dervy, 2002).
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